Château de la Chevallerie : un patrimoine sauvé de l'oubli
À Sainte-Gemme-la-Plaine, le Château de la Chevallerie traverse les siècles avec discrétion. Derrière ses murs se cachent pourtant plusieurs centaines d’années d’histoire, des bâtiments datant du XIIIe au XVIIIe siècle et, depuis plus de vingt ans, une aventure familiale hors du commun.
Inscrit au titre des Monuments historiques, le domaine se compose notamment d’une tour médiévale du XIIIe siècle, d’un logis du XVIe siècle et de bâtiments qui témoignent des différentes époques traversées par la propriété. Au fil des restaurations et des recherches menées sur le site, de nombreuses traces du passé ont été mises au jour : dates gravées dans la pierre, éléments architecturaux oubliés et indices permetatant de mieux comprendre l’évolution du domaine au fil des siècles.
Le coup de foudre pour une demeure oubliée
Lorsque Pascal et Eugénie Maison découvrent la Chevallerie en 2004, ils recherchent avant tout une maison de famille loin de Paris. Leur projet n’est alors ni touristique ni événementiel. Pourtant, dès la première visite, le coup de foudre est immédiat.
À leur arrivée, le constat est impressionnant. Une partie du château est abandonnée depuis plusieurs années, une autre depuis près de vingt ans. Les façades disparaissent sous le lierre, les toitures sont dégradées, les jardins ont retrouvé l’état sauvage. À l’intérieur, seules quelques pièces restent habitables.
Commence alors un chantier de longue haleine. Année après année, les propriétaires restaurent le domaine dans le respect de son histoire, accompagnés par les Architectes des Bâtiments de France, des historiens et des spécialistes du patrimoine. Chaque intervention est précédée de recherches et d’analyses afin de comprendre le bâtiment avant de le restaurer.
Restaurer sans dénaturer
À la Chevallerie, les travaux ne visent pas à effacer le temps mais à le révéler. En décapant les façades, les propriétaires découvrent parfois de belles surprises, parfois des défis inattendus. Certaines parties du domaine nécessitent des interventions lourdes pour être sauvées, notamment la grande nef qui menaçait de s’effondrer.
Cette restauration progressive s’étend encore aujourd’hui. Les travaux ont permis de consolider les bâtiments, de remplacer les toitures, de restaurer les ouvertures et de redonner au château son caractère d’origine, tout en l’adaptant à la vie contemporaine.
Un jardin en renaissance
Le parc fait lui aussi l’objet d’un vaste travail de reconstitution et de création. Inspirés par les jardins de la fin du XVIIIe siècle, Pascal et Eugénie Maison redessinent progressivement les espaces extérieurs en s’appuyant sur l’histoire du lieu tout en y apportant leur propre vision.
Magnolias, massifs fleuris et collections végétales prennent place dans ce jardin en constante évolution. Eugénie, ingénieure agricole de formation, y développe également une importante production florale cultivée sans produits chimiques. Parmi les trésors du domaine figure notamment une remarquable collection de dahlias, qui participe à l’identité paysagère du site.
Faire vivre le patrimoine
Au fil des années, la Chevallerie est devenue bien plus qu’une demeure familiale. Mariages, visites guidées, réceptions et événements permettent aujourd’hui de financer la poursuite des restaurations tout en ouvrant ce patrimoine au public.
Pour Pascal et Eugénie Maison, faire vivre la Chevallerie signifie avant tout partager son histoire. Chaque visite est l’occasion de raconter les découvertes réalisées au fil des travaux, les défis rencontrés et les choix qui ont guidé la renaissance du domaine.
Plus de vingt ans après leur arrivée, ils continuent d’écrire l’histoire du château avec la même conviction : préserver ce patrimoine pour le transmettre aux générations futures et permettre à chacun de se l’approprier.
Car à la Chevallerie, le patrimoine n’est pas figé. Il vit, évolue et se construit chaque jour.
« Nous ne savons toujours pas si c’est nous qui avons choisi la Chevallerie ou si c’est la Chevallerie qui nous a choisis. »
